Bonjour à toutes et à tous,

Dans ce nouveau numéro de la newsletter des Leaders Éclairés, je vous propose de découvrir ce que l’expérience de TotalEnergies peut nous apprendre sur l’adoption de l’IA en entreprise. Au menu : de la technologie, bien sûr, mais aussi des échanges, quelques règles à clarifier et toute la richesse du travail en équipe. Des ingrédients qui méritent qu’on s’y attarde, quelle que soit la taille de son entreprise.

Et pour prolonger la réflexion ensemble, vous trouverez en fin de lecture trois questions à glisser à l’ordre du jour de votre prochain Codir.

Bonne lecture !

Tout commence par une expérimentation

Fin 2023, TotalEnergies teste Microsoft 365 Copilot auprès d’un premier groupe de salariés. Début 2024, les dirigeants prennent à leur tour l’outil en main. Puis le déploiement change d’échelle : près de 30 000 collaborateurs sont équipés en quelques semaines.

À ce stade, on pourrait imaginer la fin de l’histoire : les licences sont attribuées, les comptes fonctionnent, le projet est lancé.

Mais c’est précisément là qu’une autre histoire commence. Celle de la place que chacun va donner à l’IA dans son travail.

Après les licences, les conversations

Dans le retour d’expérience publié par Microsoft, on découvre ce qui accompagne le déploiement : une équipe dédiée, des ateliers, des webinaires, des séances de questions.

Les usages prennent forme autour des métiers. Un agent aide la maintenance industrielle à identifier des causes de panne ; un autre accompagne les acheteurs. Un comité examine les nouveaux agents : leur utilité, leur faisabilité, leur cybersécurité et les éventuels doublons.

Derrière le déploiement technique, il y a donc des occasions de découvrir, d’essayer et de se mettre d’accord.

Selon ce même témoignage, 70 % des collaborateurs équipés utilisent l’outil chaque semaine, et près de la moitié chaque jour. Ces chiffres renseignent sur l’adoption, sans raconter à eux seuls tous les bénéfices obtenus. Ils donnent néanmoins envie de regarder ce qui s’est passé autour de l’outil.

La recette semble avoir demandé un peu plus qu’un clic sur « Installer ».

Changeons de décor : un compte rendu presque instantané

Quittons un instant TotalEnergies et imaginons une scène dans une autre entreprise.

Une équipe vient d’adopter un assistant d’IA. Le prochain compte rendu de réunion est prêt en vingt minutes, contre deux heures auparavant. La nouvelle circule : voilà du temps retrouvé !

Puis le document arrive chez le responsable. Il reprend quelques formulations, vérifie une décision, cherche d’où vient un chiffre. Une collègue se souvient que ce point n’avait finalement pas été validé. Les échanges reprennent.

Le compte rendu est parti plus vite. Pour savoir combien de temps l’équipe a réellement gagné, il faudrait aussi regarder ce qui s’est passé après.

Rien de dramatique. Simplement, une partie du travail a changé de bureau sans laisser d’adresse.

Chacun trouve sa façon de faire

Au fil des semaines, les habitudes s’installent.

Un manager relit tout, parce qu’il engage sa responsabilité. Une équipe attend de savoir quelles données elle peut utiliser. Une collaboratrice trouve une application très utile, mais n’a pas vraiment de temps pour la partager.

Pendant ce temps, en Codir, on s’interroge : faut-il proposer davantage de formations ?

Peut-être. Mais les équipes ont aussi quelque chose à raconter sur les décisions qu’elles prennent seules, les précautions qu’elles ajoutent et les questions auxquelles elles n’ont pas encore de réponse.

C’est souvent dans ces détails que l’on comprend comment le déploiement se vit réellement.

Regarder ce qui se passe entre les services

C’est à ces liens que s’intéresse l’ostéopathie des organisations : ce qui bouge dans une équipe, ce que cela entraîne ailleurs et les ajustements que chacun réalise pour que le travail continue.

Dans notre scène, cette lecture invite à suivre le parcours du compte rendu. Qui le produit ? Qui le vérifie ? Avec quels critères ? À quel moment considère-t-on qu’il est prêt ?

Elle permet aussi d’entendre les préoccupations derrière les comportements. Celui qui vérifie tout cherche peut-être surtout à savoir ce dont il reste responsable.

Avec une idée plutôt reposante : si cela coince, personne n’est nécessairement en train de mal faire son travail.

Un temps de recul pour choisir la suite

Un check-up ostéopathique peut donner un cadre à cette exploration, en rapprochant les points de vue de la direction, des managers et des équipes.

Dans notre exemple, il pourrait faire apparaître un besoin de règles communes sur la vérification. Ailleurs, ce serait un circuit de validation à simplifier ou du temps à prévoir pour transmettre une pratique utile.

Pour le dirigeant, l’intérêt est de mieux comprendre la situation avant de choisir où agir. Une formation supplémentaire peut être pertinente. Une décision attendue depuis plusieurs semaines peut l’être tout autant.

Revenons alors à TotalEnergies. Ce que son expérience donne à voir, c’est le travail d’accompagnement autour de la technologie : essayer, échanger, préciser les responsabilités et relier les usages aux besoins des métiers.

De quoi nourrir la réflexion dans bien d’autres entreprises. Même avec moins de 30 000 convives à table.

Trois questions à emporter au prochain Codir

  1. Si nous suivions un travail réalisé avec l’IA du début à la fin, où verrions-nous du temps gagné et où découvririons-nous un effort supplémentaire ?
  2. Quelles questions nos équipes se posent-elles encore sur ce qu’elles peuvent confier à l’IA et sur la responsabilité du résultat ?
  3. Quel ajustement pourrions-nous essayer ensemble pour leur faciliter le travail, et comment verrions-nous qu’il est utile ?

Vous déployez l’IA et voulez qu’elle soit vraiment adoptée par vos équipes ? Parlons-en.

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Découvrir notre approche ostéopathique des organisations : l’ostéopathie des organisations

Sources :